Liste des administrateurs

Prénom Nom Rôle
M. Arnold BAILLIEUX Privé - Membre fondateur - Président du Centre culturel (bureau)
M. Gabriel BECHOUX Public - MR - Commune
M. Christian BINET Public - Avec vous
Mme Véronique BIORDI Public - Avec vous - Bourgmestre - Commune
M. Bernard BONBLED Privé - Amicale anciens Athénée
M. René BRESSARD Privé - Athus et l'Acier
M. Jacky CARÊME Privé - asbl Entre Terre et Ciel
M. Xavier DEMOISY Privé - Harmonie Royale des Sapeurs Pompiers - Trésorier CA (bureau)
M. Christophe DI IORIO Privé - Association de Messancy
M. Jean-Paul DONDELINGER Public - CDH - Échevin de la Culture
Mme Murielle DUVIGNEAUD Public - MR - Province - Secrétaire du CA (bureau)
Mme Chantal GAILLARD-FRISQUE Public - CDH - Province
M. Louis GOFFIN Privé - Académie luxembourgeoise
Mme Eugénie GOEREND-NIZET Public - Avec vous - Conseillère communale
M. Jean HUBERTY Privé - Syndicat d'Initiative d'Aubange
Mme Sabrina KHALID Privé - Enseignante - animatrice théâtre
Mme Isabelle LARDOT Public - CDH
M. Claude LAURENT Privé - Vice-président (bureau) - Les Maîtres de Forges
M. Régis LEBON Public - CDH
Mme Violeine SCHMITZ Privé - Animatrice MJC Planète J
Mme Margot VANDERSMISSEN Privé - Conseil Consultatif des aînés de la Commune
Mme Christelle VERSICHELE Privé - Bibliothécaire
M. Stephan VIENI Public - Avec vous

Documents à télécharger

Statuts 28/05/2013

Pdf disponible ici ou sur le site du moniteur (www.ejustice.just.fgov.be).

Bref historique

Lorsque l’ASBL Foyer culturel de la Commune d’Aubange a été créée le 29 mars 1990, le terrain culturel était occupé par de nombreuses associations. Sans vouloir être exhaustif, on pouvait relever à l’époque la présence d’harmonies réunissant des musiciens amateurs à Aubange, Athus, Halanzy ou Battincourt. Il y avait autant de chorales paroissiales, dont certaines, comme les Chœurs de Lorraine d’Aubange, s’affirmaient déjà lors de concerts ou de festivals. De nombreuses « troupes » de théâtre proposaient des représentations de pièces en gaumais, comme à Rachecourt, ou mettaient en valeur le répertoire d’auteurs français ou régionaux, comme les Gaietés à Athus. Enfin, il existait des associations plus difficiles à classer parce que leurs activités ressortissaient à différents domaines, comme la Maison des Jeunes et de la Culture à Athus, Rencart à Aubange, le CLEO et le Cercle Patria à Rachecourt, la Dernière Minute à Aix-sur-Cloie ou encore le Groupement Odyssée 78 à Battincourt. Pour compléter le panorama, on pourrait citer également les différents syndicats d’initiative ou assimilés, les cercles photographiques, les groupements folkloriques et enfin la commune elle-même, qui organisait différentes manifestations à caractère culturel, souvent en partenariat avec les bibliothèques communales. En bref, l’ASBL Foyer culturel arrivait en tant que nouvel acteur parmi toutes ces associations, dont certaines étaient actives depuis de nombreuses années, et cela explique sans doute la froideur de l’accueil témoigné à ce nouvel arrivant. Ainsi Rencart, qui occupait à l’époque le devant de la scène culturelle aubangeoise, s’insurgea contre le choix du patronyme de l’ASBL, estimant que l’appellation « d’Aubange » lui était réservée. Bien sûr, des signaux négatifs avaient été émis lors des réunions d’information qui avaient précédé la création de l’ASBL, mais rien ne laissait présager une telle intransigeance. En effet, à Rachecourt, c’était plutôt l’indifférence qui avait prévalu, le village étant servi en associations culturelles dynamiques. Dans les autres localités, régnait un scepticisme poli et bon enfant, mais à Aubange, la nouvelle ASBL dérangeait réellement.

Après avoir brossé sommairement le tableau culturel de l’époque, il apparaît intéressant aussi de préciser les raisons pour lesquelles cette ASBL a été créée. C’est suite à la mise en vente du cinéma Palace par l’héritière de la famille Perbal que la commune d’Aubange s’intéressa à l’acquisition d’un bâtiment chargé d’histoire culturelle, puisqu’il hébergea pendant une très longue période l’un des deux cinémas d’Athus et fut de surcroît la maison natale d’Hubert Juin, écrivain à la notoriété bien établie dans les milieux littéraires parisiens. La salle de cinéma était utilisée par ailleurs pour de nombreux spectacles organisés par le Cercle Franklin, association culturelle de l’usine d’Athus, ou encore par les écoles et diverses autres associations. L’état des lieux effectué préalablement à l’achat avait permis de constater que l’on pouvait encore utiliser la salle de spectacle pour le théâtre, la musique ou le chant, mais plus pour des séances de cinéma car les normes de sécurité en vigueur n’étaient plus respectées. D’autre part, un groupe de pression s’était constitué dans le but avoué de pousser la commune à acquérir le bâtiment .Celui-ci se manifesta d’ailleurs de manière spectaculaire lors d’une incursion déguisée en « fantômes » du Palace, pendant une manifestation communale (il s’avéra par la suite qu’il s’agissait de membres de la Maison des Jeunes). Tous ces éléments poussèrent le conseil communal à décider, à la quasi unanimité, d’acquérir le bâtiment pour en faire un « centre culturel », projet ambitieux qui imposa de relever de nombreux défis dont il va être question par la suite.

La première contrainte, s’agissant d’un bâtiment à vocation culturelle, concernait le respect de la loi du 16 juillet 1973, plus communément appelée « Pacte culturel ». En effet, cette loi, qui réglemente la gestion par les pouvoirs publics d’une infrastructure culturelle, impose une série d’obligations visant notamment à associer toutes les composantes philosophiques et idéologiques à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques culturelles et à les associer à la gestion ou à l’administration des infrastructures, institutions ou services culturels. Renseignements pris auprès des Foyers culturels les plus proches, Libramont et Martelange, il s’avéra que le moyen le plus simple de respecter la loi de 1973 était de créer une ASBL Foyer culturel en se conformant aux statuts types fournis par le Ministère de la Culture de l’époque Tout cela paraissait facile, mais en pratique il fallut déchanter. En effet, le soir même de la constitution de l’association, les conseillers communaux de l’opposition désignés par le conseil communal ainsi que le représentant de la Maison des Jeunes refusèrent de faire partie du conseil d’administration. Il fallut dès lors se renseigner auprès des instances compétentes pour s’assurer que le Foyer culturel répondait encore à ce qui était prescrit dans le Pacte culturel. Les réponses de l’Inspecteur et du membre de la Commission nationale permanente du Pacte culturel, qui vinrent examiner la situation sur place, rassurèrent puisqu’il suffisait tout simplement de laisser les places disponibles au conseil d’administration pour que l’esprit et la lettre du Pacte culturel fussent respectés. Par la suite, les choses se réglèrent en 1995, pour ce qui concerne les administrateurs communaux et en 2002, pour celui de la Maison des Jeunes, qui était entre-temps devenue communale. Hormis ces réticences, ce qui acheva d’indisposer certaines associations, c’était que le Foyer culturel, voulant respecter à la lettre le Pacte culturel, avait repris la gestion des occupations des salles à vocation culturelle situées à Aubange (salle polyvalente) et à Halanzy (préau communal). Cela provoqua quelques heurts ; surtout qu’à la suite de travaux de gros-œuvre dans l’ancien cinéma, le Foyer culturel dut organiser de nombreuses activités à la salle polyvalente que la plupart des associations réservaient d’année en année, aux mêmes dates, et pour laquelle il était dès lors difficile de mettre sur pied un calendrier satisfaisant tout le monde. Tous ces éléments créèrent, pendant quelques années un climat tendu au conseil communal lorsqu’il était question, pour une raison ou une autre, du « Foyer culturel ». Les critiques de l’opposition se focalisaient d’ailleurs, lors de la présentation des comptes et des budgets annuels, sur les coûts de fonctionnement trop élevés de l’ASBL. En fait, l’organisation des manifestations ne constituait pas le plus gros poste de son budget : en effet, si l’on examine, par exemple, les comptes de 1993 on s’aperçoit que la subvention communale de 4 300 000 francs servait en premier lieu à couvrir les frais de gestion des salles ( achat de matériaux pour les transformations, chauffage, électricité, téléphone…). D’autre part, la dotation communale étant liquidée par tranches mensuelles, il n’était pas rare que la somme des factures dépassât le montant alloué. Ainsi, il se trouva même un mois où un représentant du fournisseur d’électricité se présenta au bureau en menaçant de couper le courant si on ne le payait pas immédiatement, ce qui fut fait grâce à la recette d’un spectacle. D’autre part, à cause de ces « fins de mois difficiles », le trésorier devait parfois retarder le payement jusqu’au troisième rappel, ce qui était également source d’erreurs. Finalement en 1996, la Communauté française précisa les conditions de reconnaissance des centres culturels sans mentionner la gestion des salles culturelles et la commune s’en chargea à nouveau.

Les problèmes liés au bâtiment retardèrent aussi considérablement le développement des activités de l’ASBL. Il y eut tout d’abord la mérule, un champignon grand amateur de bois, qui obligea la commune à entreprendre en urgence le démontage et la destruction de toutes les boiseries, ce qui permit en passant de constater que le plancher de la salle de cinéma était posé à même le sol en terre battue. Et ensuite, pendant plusieurs années des travaux furent engagés avant que la salle ne soit plus ou moins opérationnelle. Malgré toutes ces difficultés, de nombreuses activités furent organisées dans la salle à l’état brut. Il y eut, par exemple, une pièce de théâtre d’avant-garde jouée par une troupe parisienne en résidence ou une création d’Obaldia, pour laquelle le père de l’actrice principale finança la location des projecteurs ou encore les retransmissions des matches de la Coupe de Monde de football aux Etats-Unis ou même, sous chapiteau, à la Fête des Pommes de Rachecourt, la première présence d’artisans. Des actrices et acteurs originaires de la commune, comme Marie-Anne Lorgé, Brigitte Baillieux ou Jacques Paquer, vinrent présenter leurs dernières créations. Puis, au fur et à mesure que les travaux de restauration avançaient et, en dépit du fait qu’une animatrice d’atelier théâtral s’était enthousiasmée devant l’aspect délabré de la salle, estimant qu’il ne fallait surtout pas la restaurer, il fut possible d’utiliser d’autres parties du bâtiment. Ainsi, pendant un certain temps, différentes animations se tinrent dans la salle du café avec des spectacles de cabaret intitulés « Cocktail Palace », au cours desquels le public assista notamment à une mémorable escalade du comptoir du bar. Il y eut ensuite des concerts et des spectacles sous le balcon fermé par une cloison, avec en invité notamment le théâtre du TOL de Luxembourg et différents groupes musicaux, avant que la grande salle ne puisse enfin être occupée, avec un sol et un plafond entièrement rénovés par entreprise. A ce sujet une autre anecdote : une entreprise active sur le PED fut contactée pour sponsoriser et assurer la pose des dalles de carrelage et des plaques du plafond. Un technicien venu spécialement d’Allemagne vint relever les niveaux, mais étant donné la sévérité des normes allemandes, l’entreprise sollicitée préféra ne pas engager sa responsabilité et la commune dut faire appel à une menuiserie de la région pour mener à bien les travaux. Dès que la salle fut disponible, elle permit d’envisager des manifestations de plus grande envergure dont la liste figure après cet historique. À l’heure actuelle, le bâtiment n’a toujours pas trouvé sa forme définitive, mais la commune envisage de poursuivre les travaux dans un avenir proche.

Au chapitre du personnel, la commune avait détaché, dès le démarrage de l’association, un employé issu de l’administration des douanes pour s’occuper du secrétariat, mais il s’avéra rapidement nécessaire de pourvoir à l’engagement d’une véritable animatrice-directrice. Cette gestionnaire compétente et dynamique, ce fut Martine Meunier. Pour assurer la partie technique des spectacles, la commune fournit également un technicien à temps partiel. Cette solution fonctionna plus ou moins bien pendant un certain temps, mais la rencontre avec un vrai professionnel indépendant permit incontestablement de progresser dans un domaine en constante évolution. Par la suite, il fallut encore attendre juillet 2004 pour que Martine soit épaulée efficacement par Evelyne Mormont, pour ce qui concerne la gestion administrative, et 2007 pour qu’un animateur adjoint vienne rejoindre la petite équipe, ce poste est occupé depuis peu par Alise Colling. Dans le cadre du passage en catégorie 2, Christophe Masson, qui est chargé de la communication, a été engagé à mi-temps, en février 2010.

Sur le plan institutionnel, dix années s’écoulèrent avant que le Centre culturel ne soit officiellement reconnu. L’idée de départ était de doter rapidement l’association d’un statut officiel afin d’obtenir des subventions de la Communauté française et de pérenniser les activités. Mais suite aux difficultés et aux réticences déjà évoquées par ailleurs, ce n’est qu’après plusieurs introductions infructueuses de dossiers de reconnaissance que le Ministre de la Culture, Robert Collignon, signa l’arrêté de classement du Centre culturel en catégorie 4, avec effet au premier janvier 2001. Ensuite, grâce à la gestion rigoureuse du conseil d’administration, au dynamisme du conseil culturel et à l’efficacité de l’animatrice directrice, ce fut le passage en catégorie 3, le premier janvier 2005 et enfin, avec une équipe renforcée, le passage en catégorie 2, au premier janvier 2009, avec la signature de la Ministre Fadila Laanan.

L’histoire de l’ASBL n’en est évidemment qu’à ses débuts car les membres des différents conseils et le personnel sont déterminés à atteindre dans les prochaines années deux buts ambitieux : tout d’abord, fonctionner avec succès dans la catégorie 2 et viser à terme la catégorie 1, en mettant en œuvre le contrat programme, et, d’autre part, s’associer activement au processus de rénovation définitive de l’ancien cinéma par la commune, afin de doter enfin l’entité d’Aubange, troisième de la province en ce qui concerne la population, d’un outil adapté aux nombreuses activités qui s’y développent.

Arnold Baillieux, président du Centre Culturel d’Aubange
Le Centre Culturel d'Aubange a 20 ans / Septembre 2010